Notes sur Le retour de l’Ordre Nouveau (Jean Jacob) : Le Lien n°8

Notes sur Le retour de l’Ordre Nouveau (Jean Jacob) : Le Lien n°8
« Une certaine frange de l’extrême droite (la Nouvelle Droite ) tente depuis quelques années de s’annexer l’écologisme ». C’est ainsi que Jean Jacob, universitaire de son état, aborde la question, sur une vingtaine de pages, des relations entre la Nouvelle Droite et l’écologie dans une annexe de son essai, Le retour de « l’Ordre nouveau » – Les métamorphoses d’un fédéralisme européen, publié chez Droz en 2000 et consacré aux héritiers des non-conformistes des années 30.
Pour cet auteur, la Nouvelle Droite, après avoir méjugé l’écologie et ses potentialités au cours des années 70-80, s’est emparée de cette thématique au début des années 90, à la faveur de la percée politique des Verts et l’a exploité de façon intensive en utilisant l’ensemble de ses canaux de diffusion idéologique (revues, colloques). Mais, alerte le bon Jean Jacob, « l’écologie promue par la Nouvelle Droite n’est pas exactement la même que celle – souvent très pragmatique et d’inspiration socialisante – promue par les Verts ». La Nouvelle Droite profite de l’écologie pour avancer « sournoisement la figure du héros-guerrier comme alternative à l’homo œconomicus », et pour mener « une offensive anti-individualiste masquée ». D’ailleurs ne s’intéresse-t-elle pas à « la deep ecology dont l’anti-humanisme est ouvertement revendiqué ». Jean Jacob, consciencieux, étudie aussi le cas de la revue Le Recours aux forêts qu’il présente comme une machine de guerre néo-droitiste destinée aux milieux écologistes.
Bref, tout cela fleure bon le flicage intellectuel besogneux et la vigilance politiquement correcte. Est-ce donc la peine de répondre à Jean Jacob que l’écologie n’est la propriété d’aucun courant de pensée, quand bien même se qualifierait-il d’écologiste, et que le GRECE se donne le droit de réfléchir à cette thématique de son propre point de vue ? Nous avouerons, en revanche, bien volontiers à l’inspecteur Jacob que notre hostilité ouverte à l’individualisme et à l’idéologie du progrès fait que l’écologie que nous préconisons est assez différente de celle défendue par les Verts. Mais une question, inspecteur : les Verts sont-ils encore écologistes ? Il est permis d’en douter compte tenu des positions ouvertement mondialistes défendues par ce mouvement politique, en particulier dans le domaine de l’immigration. Enfin, s’agissant du Recours aux forêts, n’en déplaise à notre zélé fonctionnaire de la police de la pensée, si celui-ci y voit une revue de la Nouvelle Droite orientée vers l’écologie, nous y voyons nous une revue écologiste sensible aux thèses de la Nouvelle Droite, mais loin de les faire toutes siennes. Le débat courtois mais vif qui a opposé Laurent Ozon, animateur de cette revue, à Charles Champetier sur la question des biotechnologies, à l’occasion de la sortie du numéro 97 d’Éléments, le prouve amplement.