Nouvelle École n°62 : Théologie politique

Nouvelle École n°62 : Théologie politique

A douze ans d’intervalle, deux événements à la portée symbolique opposée : la chute du Mur de Berlin en 1989 et l’effondrement des Twin Towers le 11 septembre 2001. Le premier a été considéré dans les milieux libéraux comme marquant la fin des totalitarismes et la naissance d’une ère de prospérité et de paix universelle débouchant sur la « fin de l’histoire » (Francis Fukuyama). Le second, tout au contraire, a révélé la puissance du « fanatisme religieux » faisant irruption dans un monde globalisé cherchant à s’unifier par le moyen de la technologie et du commerce. D’un côté, le triomphe de la pensée « rationnelle », de l’autre le spectre des « fous de Dieu ».

La théologie politique, du même coup, a repris ses droits : au cours de la dernière décennie, des centaines de livres, d’essais, d’articles, de colloques témoignent de son actualité, qu’il s’agisse des efforts déployés par les Églises pour échapper à la privatisation intégrale de la foi et reprendre pied dans l’espace public, des débats sur la laïcité et le statut civil des religions, des discussions sur le « matérialisme pratique » et le « désenchantement du monde », mais aussi sur le « retour du religieux », le nouvel essor de l’islam (et de l’islamisme politique), le renouveau charismatique et le développement des sectes d’inspiration évangélique qui, en Amérique latine, exercent aujourd’hui une séduction que l’ancienne théologie de la libération des années 1970 et 1980 a perdue.

Au sommaire :
• Théologie politique : une introduction (Alain de Benoist)
• Contribution à une étude préhistorique du droit constitutionnel (Cédric Milhat)
• Les fondements théologico-politiques de la pensée politique européenne (Eric Maulin)
• Schmitt, Peterson, Blumenberg : le grand débat sur la « théologie politique » (Alain de Benoist)
• Le Christ et le peuple ! Retour sur la Théologie de la Libération (Michel Lhomme)
• Religions séculières, religions civiles, religions politiques : entre sécularisation et sacralisation du politique (Eric Maulin)
• Sartre – Camus – Clamence (Jean-Louis Prat)
• Propos sur le réalisme politique (Jerónimo Molina)
• De l’Etat de droit au néo-constitutionnalisme (Luis María Bandieri)