Carré parmi nous

Carré parmi nous

Olivier Carré nous a quitté au guidon de son destrier métallique, une tragique nuit d’août 1994. Né en 1954, il avait fait ses premières armes au sein de la droite radicale avec une subversive participation au mythique journal Alternative (scénariste et dessinateur sous le pseudonyme de Square !). En 1979, il participe à la formation musicale « de droite » Science et Violence qui sort en 33t cette année là (parmi les membres de ce projet expérimental, on note le nom de Jack Marchal, père du célèbre « rat noir »).

Deux ans plus tard, il rejoint le GRECE au service duquel il avait déjà mis son immense talent artistique. Beaucoup d’entre nous ont encore en mémoire quelques couvertures d’Éléments qu’il avait agrémentés de ses dessins et huiles sur toiles : « Manhattan » (no34), « Païenne » (no36), « le meilleur des mondes » (no37), « le travailleur » (no40), « Friedrich Nietzsche » (no45).

Lié d’amitié avec Guillaume Faye, il rejoint le groupe AVANT-GUERRE où dans un grand éclat de rire nietzschéen teinté d’insolence provocatrice et ludique, il va contribuer à la mise en place d’une mythologie futuriste, transfigurant l’immémoriale guerre des Dieux entre une Europe faustienne consciente d’elle-même et le système occidental américanocentré. Cette exaltante vision polémique de notre avenir a été diffusé sur les ondes hertziennes des radios libres (Amplitude FFI et la Voix du lézard en 1983-1984) avec l’émission Avant-guerre et ses sonoramas légendaires (dont le fameux « scène de chasse en ciel d’Europe ») qui faisaient souffler un vent libérateur, aristocratique et libertaire sur la bande FM. Durant l’automne 1985, sortait la bande dessinée Avant-guerre sur un scénario de Guillaume Faye et des dessins de Jean Marc et Éric Simon.

Cette « saga des temps postmodernes » voyait s’affronter l’énigmatique et mystérieuse Fédération aux 113 provinces, immense empire euro-sibérien dominé par la firme géante Typhoone, et Cosmopolis, petite Europe occidentale minée par la décadence et le nihilisme.

Olivier Carré, à l’instar des ses compagnons, était mis en scène dans les pages de cet album sous les traits du peintre technoréaliste 02, figure démiurgique des temps à venir sous la bannière à damier rouge et blanc.

Cet artiste engagé a laissé une œuvre importante qui, espérons-le, pourra donner lieu dans l’avenir à des expositions (cf Éléments no81, pages 35-36 et no82 page 50). Il est significativement représentatif de ces nouvelles tendances artistiques qui commencent à voir le jour dans la mouvance de la nouvelle culture européenne.

Pour célébrer son souvenir, nous avons décidé de publier un entretien avec Olivier Carré paru dans la revue « branchée » Restons simples il y a un peu plus d’une dizaine d’années (no2, janvier 1986, « Naissance et influence des modes »).

Notons pour l’anecdote qu’il était interrogé par un certain Gérald Foucher… alias Guillaume Faye.

Wulfgar, 1996

Voir aussi les autres textes de l’hommage à Olivier Carré :
« Voici venir l’ère du portrait » (O. Carré, interrogé par G. Faye)
« Olivier Carré habitait la foudre » (JF. Gautier)
« La géographie secrète de l’œuvre sculptée d’Olivier Carré » (G. Pons)