Actualité de Julien Freund

Actualité de Julien Freund

Quelques années après sa mort, l’œuvre de Julien Freund revient incontestablement dans l’actualité, tout particulièrement dans les pays latins. C’est ainsi qu’une nouvelle édition espagnole de Qu’est-ce que la politique ? (Seuil, 1967) vient de paraître en Argentine, dans une traduction révisée par Jeronimo Molina et présentée par Juan Carlos Corbetta (Qué es la politica ?, Struhart y Cia, Buenos Aires, 2003). Professeur de science politique à l’Université de Murcie (Espagne), Jeronimo Molina avait lui-même publié il y a deux ans une remarquable étude sur l’œuvre de Freund, Julien Freund. Lo politico y la politica (Sequitur, Madrid, 2000, préface de Dalmacio Negro Pavon), extraite d’une thèse de doctorat soutenue deux ans plus tôt, qui ne comprenait pas moins de 600 pages : La filosofia politica y juridica de Julien Freund, Universidad Complutense, Madrid, 1998. Il prépare maintenant un numéro spécial de la revue Empresas politicas entièrement consacré à la pensée de Julien Freund, dont la parution est prévue pour l’an prochain.

Les éditions argentines Struhart y Cia ont également édité en 2002 la traduction d’un texte de Freund consacré à l’œuvre de Carl Schmitt : Vista de conjunto sobre la obra de Carl Schmitt, avec une présentation de Juan Carlos Corbetta.

En Italie, plusieurs ouvrages et recueils d’articles de Julien Freund sont parus ces dernières années, à l’initiative d’Alessandro Campi : Diritto e politica. Saggi di filosofïa giuridica (Edizioni Scientifiche italiane, Naples, 1994), Il terzo, il nemico, il conflitto. Materiali per una teoria del politico (A. Giuffrè, Milan, 1995), Voci di teoria politica (Antonio Pellicani, Rome, 2001), Che cos’è la politica ? Essenza, finalita, mezzi (Ideazione, Rome 2001). Alessandro Campi a publié également un ouvrage intitulé Schmitt, Freund, Miglio. Figure e terni del realismo politico europeo (Akropolis-La Roccia di Erec, Florence, 1996). Devrait s’y ajouter prochainement un volume, présenté par Piet Tommissen, contenant la correspondance échangée par Freund avec Carl Schmitt entre 1965 et 1980.

Dans le même temps, les études sur Julien Freund se développent dans plusieurs pays, comme en témoignent les mémoires ou thèses de doctorat d’Antoine Tine (Julien Freund et la morale de la politique, Paris, 1996), Sébastien de La Touanne (La philosophie du droit chez Julien Freund, Paris, 1996), Simone Paliaga (La verita umana del politico. Riflessioni sulla filosofia politica di Julien Freund, Trieste, 1998), Alain Cambier (Puissance et pouvoir dans la philosophie politique de Julien Freund, Lille, 2000), Andrea Fontana (Julien Freund. Il conflitto all’origine del « politico », Padoue, 2000) et Olivier Arnaud (La signification du libéralisme à partir de la philosophie politique de Julien Freund, Paris, 2001).

Il vaut aussi la peine de signaler que Julien Freund avait laissé au moment de sa mort plusieurs textes inédits, dont le manuscrit (inachevé) d’un nouveau livre sur L’essence du droit, dont de substantiels extraits seront publiés prochainement dans Krisis.

Alain de Benoist, 2004.