Boycottons Londres

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Le nouveau rapport remis par Duncan Campbell à la Commission européenne ainsi que la déclassification récente de certaines archives de la National Security Agency (NSA) américaine ne laissent plus planer aucun doute : les États-Unis et leurs alliés canadiens, néo-zélandais, anglais et australiens, signataires du pacte Usaka, utilisent le réseau d’interception Échelon à des fins d’espionnage politique, militaire et économique. Les 120 satellites de ce réseau planétaire peuvent ainsi capter 2 milliards de conversations privées chaque jour : un chiffre effarant.

Mais il y a plus effarant encore : le silence des parlementaires et des fonctionnaires européens. Par sa capacité à intercepter des communications privées, Échelon constitue une violation flagrante des droits de l’homme et du citoyen. Par son utilisation avérée lors de négociations industrielles, Échelon constitue une violation du droit de la concurrence. En participant à Échelon, la Grande-Bretagne adopte donc une attitude contraire aux valeurs fondamentales et aux intérêts supérieurs de l’Union, tels qu’ils ont notamment été définis par le Traité de Maastricht (révisé Amsterdam).

En conséquence, et en conformité avec les positions de fermeté récemment adoptées par l’Union européenne à l’égard de l’Autriche, le GRECE demande que toute participation de la Grande-Bretagne aux délibérations et aux décisions de l’Union soit suspendue tant que ce pays n’aura pas clairement choisi son camp : les États-Unis ou l’Europe.

Charles Champetier, 2000