Promenade archéologique en Europe du nord

Promenade archéologique en Europe du nord

En plein centre de la Teutoburger Wald, forêt connue dès l’Antiquité (Teutoburgiensis saltus), une immense statue monumentale, le Hermannsdenkmal, commémore la mémoire du prince chérusque Arminius (Hermann), premier unificateur des tribus germaniques, qui, en l’an 9 de notre ère, défit les légions de Quintillus Varus, sauvant ainsi la Germanie des visées de l’impérialisme romain. Le monument, situé au sommet du Grotenbourg, à 6 km de la ville de Detmold, mesure 55 m de hauteur. Une galerie permet au visiteur de survoler du regard l’ensemble de la forêt. Arminius, debout, s’appuie sur un bouclier portant le mot Treufest (loyauté). Il brandit une épée de 7 m, ornée d’une devise : Deutsche Einigkeit meine Starke, meine Starke Deutschlands Macht (« L’unité allemande est ma force, ma force est la puissance de l’Allemagne »). La statue, en cuivre, est l’œuvre du sculpteur Joseph Ernst von Bandel (1800-1876). Le monument a été dressé entre 1838 et 1846. Par la route qui y conduit, on passe près de deux cercles de tombes préhistoriques (Hunenring). On voit aussi un rempart de 3 m de haut : vestiges d’une forteresse préhistorique, le Walburg, qui existait encore à l’époque d’Arminius et fut fouillée par Carl Schuchhardt au début du siècle.

Tout près du Hermannsdenkmal, à 2 km au nord-est de Horn : l’étonnant site des Externsteine, l’un des plus importants et des plus impressionnants sanctuaires des vieux Germains. Ce haut-lieu du paganisme européen se compose d’un ensemble de cinq rochers de 30 à 40 m de haut. Creusée à même la pierre, une chambre aux murs recouverts d’inscriptions fait office de parcours rituel. En haut du rocher principal, un escalier permet d’accéder au centre du sanctuaire. Un trou pratiqué au-dessus d’une sorte d’autel laisse présumer l’existence d’un ancien centre d’observation « astronomique ». À quelque distance, se trouve un sarcophage (Sargstein). Un grand bas-relief, placé sur le rocher vers 1115, après christianisation du lieu, représente une Descente de Croix. L’un des personnages écrase du pied un Irminsul, symbole des anciens Saxons.
Depuis le siècle dernier, plusieurs dizaines d’ouvrages ont été consacrés aux Externsteine, et quantité d’hypothèses ont été émises à leur endroit.

Enger, à 8 km au nord-est de Herford (19 km de Bielefeld). Tombeau-sarcophage de Wittekind (« l’enfant blanc »), duc saxon qui anima la résistance contre Charlemagne et ses missions.

À 22 km à l’est de Gifhorn, à la limite sud de la Heide : Fallersleben, patrie de Heinrich Hoffmann (1798-1874), compositeur de l’hymne national allemand. Sa maison natale a été transformée en musée.

Hanovre (Hannover). Les frères Von Schlegel ainsi que le philosophe Ludwig Klages y sont nés. Tombe de Leibniz, qui y mourut en 1717. Aux Musées de la Basse-Saxe (Landesmuseum), voir plus spécialement la Heimat-Saal dont les pièces s’étendent de la préhistoire jusqu’au Moyen-Âge, ainsi que la galerie de peinture. Au musée régional (Heimat museum), belles séries préhistoriques et ethnographiques.

À 2 km au nord de Verden, à Sachsenhain, ont été réunis en 1935 4 500 menhirs provenant de la lande de Lunebourg. Ils rappellent le souvenir de 4 500 saxons massacrés en 782 sur l’ordre de Charlemagne parce qu’ils entendaient rester fidèles à la foi païenne de leurs ancêtres. À Verden, le musée local (Heimatmuseum) est lui-même en grand partie consacré à la protohistoire.

À mi-chemin entre Hanovre et Hambourg, à 18 km de Soltau ; la station estivale de Fallingbostel, c’est au village de Tietlingen, situé à proximité, que se trouve la tombe du poète Hermann Löns qui fut l’engagé volontaire allemand le plus âgé de la première guerre mondiale et fut tué devant Reims à l’automne 1914. Ses poèmes, comme ceux de Walter Flex exercèrent une certaine influence sur la Konservative Revolution. Différents documents qui perpétuent son souvenir sont conservés au musée local de Walsrode, à 8 km après Fallingbostel.

Brême (Bremen), l’ancienne « Rome du Nord », fut, à partir de 845 un important centre de christianisation. Elle devint ensuite, avec Hambourg et Lubeck, l’une des principales villes de la Hanse. Sur la Marktplatz, une célèbre statue sculptée en 1404, très caractéristique de l’art gothique, représente Roland armé du glaive et du bouclier. Dans le quartier de Schwachhausen, le Focke-museum contient de belles collections sur l’art rural, l’artisanat et le folklore de la Basse-Weser.

Hambourg (Hamburg), seconde ville d’Allemagne après Berlin, est un centre d’une austère beauté et d’un charme discret. Les trois anciennes cités prussiennes d’Altona, Harburg et Wandsbek, réunies à la ville en 1937, sont particulièrement intéressantes. Au Musée d’Altona, ont été entièrement reconstitués 17 intérieurs paysans (Bauernstuben) caractéristiques du Schleswig-Holstein. Plusieurs salles sont consacrées aux costumes, à l’artisanat, à la pêche, au mobilier et aux jouets. À Harburg, le Heimatmuseum contient des pièces intéressantes sur la période des Lombards. Ahrensburg, qui est presque un faubourg de Hambourg, est un site préhistorique important : plus de 10 000 trouvailles y ont été faites depuis les fouilles menées en 1933 par le préhistorien Alfred Rust. Le musée local, construit en 1938 en rassemble un grand nombre. Les spécialistes parlent de « l’âge d’Ahrenburg » pour caractériser ce site, qui fut un immense camp de chasseurs de rennes.

Entre Lubeck et Hambourg : Schwarzenbeck. Le mausolée où est enterré Bismarck se trouve à proximité, dans la forêt des Saxons (Sachsenwald).

Kiel. Voir le monument à la mémoire des marins morts en 1914-18 (Marine-Ehrenmal), qui représente une proue de navire de quelque 85 m de haut. Les visiteurs accèdent à son sommet par un ascenseur. Près de Kiel, à Molsee, se trouve un musée de plein air (Freilichtmuseum) : reconstitution de fermes et objets d’artisanat.

Schleswig (autrefois Sliaswich), ville fondée en 804. Dans le château de Gottorf, sur une île de la Schlei, se trouve le plus important musée allemand de pré- et de protohistoire (Landesmusenm fur Vor- und Fruhgeschichte). Il fut fondé en 1835 à Kiel, et par la suite transféré à Schleswig. On y voit le célèbre bateau de Nydam (Nydamboot), découvert en 1863, qui est le plus ancien bateau de mer du monde actuellement conservé ; c’est ainsi que les corps humains quasi-momifiés, remontant au 1er siècle de notre ère, qui ont été retrouvés, en parfait état de conservation, dans la tourbe des marais et constituent un étonnant document sur l’aspect physique et l’habillement des anciens Germains. À noter également : les pointes de lance et les poignards en silex, les objets de l’âge du bronze (épées, fibules, etc., ornées de spirales et de symboles solaires, les casques d’argent provenant de la Thorsberger Moor de Suderbrarup (époque de l’empire romain), les pierres runiques (Erickstein, Sitryggstein, Skarthestein) provenant du site de Haithabu.

À 4 km au sud de Schleswig, sur la route de Rendsburg, près de l’Haddebyer Norr, se trouvent les vestiges de l’ancienne ville de Haithabu (Hedeby), qui fut à l’époque des Vikings le centre commercial le plus fréquenté. Des fouilles y ont été faites en 1937-39 (par le professeur Herbert Jankuhn) et en 1963-64. Il y reste des champs de tombes, des enceintes. L’emplacement des pierres runiques est indiqué.

Haithabu marque aussi le point terminal du Danewerk (Danevirke). Ce mur défensif de 15 m de long, dont la construction aurait été entreprise au début du IXe siècle par le roi Godfred, a longtemps protégé les Danois des attaques des Francs carolingiens. Il barre le Schleswig à son point le plus resserré. Il en subsiste des restes importants, notamment à Rothen Krug. Cinq pierres runiques se trouvent au Margaretenwau, à l’endroit où le Danewerk est coupé par la route 77.

Husum, sur la côte occidentale du Schleswig-Holstein. Tombe et maison natale du poète Theodor Storm. Intéressantes collections au Musée populaire de la Frise (Nordfriesisches Heitmatmuseum), construit en 1936. Musée de plein air (Oestenfelder Bauernhaus).

C’est dans l’Eiderstedt, région agricole située à l’ouest du Schleswig-Hostein, que se trouvent les Haubarge, grandes maisons paysannes caractéristiques du style frison. Il n’y a pas encore si longtemps, familles et bestiaux s’abritaient sous leur immense toit (Vierkant). On en compte aujourd’hui environ 600, et des légendes s’attachent aux plus anciennes.

Les Dithmarschen sont une région, peuplée dès le début de notre ère, au sol noir et fertile conquis par les eaux. On y considère toujours comme un honneur de descendre d’un Kluft (groupe de lignées). Le chef-lieu est la ville de Heide, qui fut dans les années vingt le centre du mouvement paysan (Landbewegung) mis en scène dans La ville par Ernst von Salomon. Sur la route d’Itzhoe, à 11 km de Heide, au voisinnage d’Abelsdorf, se trouvent le Brutkamp, tombe néolithique devant laquelle se fiançaient naguère les jeunes gens, et le Schalenstein (à Bunsoh), où l’on voit des représentations de mains et de roues solaires.

L’île de Héligoland, immense bloc de rocher rouge apparemment surgi des eaux, se trouve à l’emplacement de l’un des plus anciens sanctuaires indo-européens d’Europe du nord. Le pasteur Jürgen Spanuth y situe la cité des « atlantes », Basiléia. Le nom actuel (Heiliges Land d’où Helgoland) confirme qu’il s’agissait d’une « terre sainte », autrefois reliée au continent, qui fut, comme toute l’ancienne côte du Schleswig, submergée par les flots au cours d’une catastrophe. Après la dernière guerre, l’île fut utilisée par les Anglais comme champ de tir pour bombes.
C’est aujourd’hui une station balnéaire, où l’on accède en bateau ou en avion (services réguliers à partir de Hambourg, Cuxhaven, Bremerhaven, Wilhelmshaven, Husum). Le port est situé dans la partie basse (Unterland), les habitations dans la partie haute (Oberland). Au pied des rochers, on trouve des blocs cuprifères et aussi de l’ambre, dont le commerce se faisait dès le second millénaire avant notre ère jusque sur les côtes de la Méditerranée.

La Frise du Nord (Nordfriesland), région sauvage et d’une sobre beauté, se caractérise par une population distincte de tous les autres groupes humains d’Allemagne du nord, tant du point de vue racial que culturel. Sur ces côtes au relief déchiqueté, aux plages immenses, aux dunes herbues, vivent des fils de paysans et de marins, célèbres pour leur caractère rude et taciturne, leur esprit d’indépendance, et, sur le plan politique, leurs opinions conservatrices. Un proverbe frison affirme : « Qui s’endigue pas doit périr ». Un autre proclame : « Dieu a créé la mer et la terre, les Frisons ont créé la côte ». Des digues, édifiées au cours des siècles, séparent en effet les terres cultivées des terres reprises à la mer, ajoutant encore à la beauté de ce plat pays, terre des légendes et du vent. Au cours de catastrophes historiques et protohistoriques, la mer a souvent dévasté la région. De l’ancien territoire des Germains maritimes, qui fut le berceau de la civilisation nordique, il reste aujourd’hui des îles, comme Sylt, Fohr et Amrum. Dans l’île de Fohr : musée prison à Wyk, forteresse protohistorique (Lembecksburg) à Borgsum. À l’ouest de Nebel, dans l’île d’Amrum : ancien cimetière viking découvert en 1845.

Les plus petites îles de la Frise du nord sont les Halligen. Certaines d’entre elles, comme Nordstrand (la plus vaste), sont reliées au continent par une digue. Leurs habitants vivent dans des maisons bâties sur des terres artificielles (Warften), semblables aux terpen néerlandais, qui se trouvent parfois cernées par les eaux au moment des marées. Nombreux vestiges préhistoriques dans chacune d’elles.

L’île de Sylt, où se trouvent un important centre naturiste et de luxueuses résidences secondaires, est l’un des lieux de vacances préférés des Allemands du nord. Elle est reliée à la terre ferme par une digue où circulent les trains. Les sites protohistoriques y sont nombreux : tombe de Denghoog à Wennigstedt (d’où les Angles, les Frisons, les Jutes et les Saxons partirent pour l’angleterre en 449), dolmen et pierres levées à Keitum, près de Westerland (voir aussi les maisons anciennes et le musée frison).

Copenhague (Köbenhavn). Le Musée national (Nationalmuseet), fondé en 1807, situé entre le château de Christianborg et le Tivoli, comprend les plus belles collections du Danemark. L’une des pièces les plus connues est le chariot solaire de Trundholm, découvert en Zélande en 1902 et qui remonte à l’âge du bronze : un cheval céleste tirant un disque recouvert de feuilles d’or finement gravées (salle 9). À noter aussi le célèbre chaudron celtique de Gundestrup (vers 100 av. notre ère), dont les plaques d’argent décrivent l’ancienne religion des Celtes. Les salles pré- et protohistoriques sont d’une richesse étonnante : dagues de silex, harpons gravés, figures animales sculptées dans l’ambre de la mer du Nord (âge de pierre) ; haches de combat des premiers peuples indo-européens (Streitaxtkulturvolker), urnes funéraires et poteries ; bijoux ornés de spirales, broches et rasoirs de l’âge du bronze, grandes épées de bronze à soie « en langue de carpe » (1500-800), lures (instruments de musique à vent, d’une forme remarquable, probablement utilisées pour des cérémonies religieuses), boucles de ceinture de Langstrup (vers 1000 av. notre ère) ; vaisselle en or, fibules et bijoux ornés de vieux motifs nordiques (roues solaires, bateaux, têtes de cygnes ou de chevaux stylisés), casques à cornes de Veksÿ (800-400) ; verres peints, pièces de monnaie, bractéates, torques (colliers gaulois), épées ; gravures rupestres et pierres de l’âge du bronze, incrustées de peinture rouge (pierre d’Engelstrup). La période viking est abondamment illustrée : armes et bijoux décorés d’entrelacs, fibules, marteaux de Thor (portés autour du cou avant la christianisation), cercueils de chêne parfaitement conservés, provenant d’Egtved et de Borum, vêtements, hache gravée en argent de Mammen, pierre de Tirsted, etc. Le même bâtiment abrite aussi un Musée de la vie populaire (Dansk Folkemuseum), avec des reconstitutions de mobiliers d’intérieurs paysans. Dans la cour : réplique grandeur nature de la pierre runique colorée de Jelling.
À Roskilde, un Musée des bateaux vikings a été inauguré voici quelques années. Particulièrement clair et agréable à visiter, il contient cinq bateaux qui avaient été immergés vers 1020-1030 (à la fin de l’ère Viking) au large de Skuldelev, dans le fjord de Roskilde, puis lestés de pierres, afin de faire obstacle à la navigation et protéger ainsi la ville. Le renflouage a été réalisé en 1962. L’ensemble se compose d’un knarr, ou bateau de haute mer, de 16 m de long, utilisé pour le transport des marchandises à destination du Groënland et du Vinland (Amérique du nord) ; d’un navire de guerre de 24 rameurs, identique à ceux de la tapisserie de Bayeux ; d’un vaisseau de 28 m de long, utilisé pour les grandes expéditions guerrières et pouvant contenir jusqu’à 55 rameurs ; d’un navire de guerre et d’un petit navire marchand. Voir aussi la cathédrale de Roskilde, en briques et en granit.

À proximité de Ladby, un tumulus abrite les restes d’un important navire funéraire viking, découvert en 1935 près de cette petite ville du Nord-est de la Fionie (Fyn). Moins grand (et bien moins préservé) que le navire norvégien de Gokstad, il a dû être conservé in situ. On y a retrouvé onze squelettes de petits chevaux islandais, des armes, des broches, des ornements, etc. L’inhumation daterait de 950 environ.

Odense (qui tire son nom de celui du dieu Odin) est la capitale de la Fionie. Frédéric 1er y proclama la liberté de conscience en 1527, reconnaissant ainsi la doctrine de Luther. Le musée Andersen se trouve dans Hans Jensenstroede, à côté de la maison natale du grand conteur. À 15 km d’Odense, à Skamby, près de Sÿndersÿ, sur la route de Bogense, on peut voir une pierre runique ainsi qu’un tombeau viking en forme de navire de quelque 137 m de long.

À Trelleborg, près de Korsÿr, dans l’île de Zélande (Seeland), se trouvait la plus importante forteresse de la période des Vikings. Le plan de ce camp, dont on visite les vestiges, était d’une rigueur étonnante. Un rampart circulaire, percé de quatre entrées situées aux quatre points cardinaux, abritait seize grandes maisons collectives regroupées en quatre blocs. Une garnison de 1 200 hommes pouvait y cantonner, chaque équipage de snekkar (navire) vivant dans une de ces maisons au fronton stylisé, en forme de bateau renversé, dont on voit aujourd’hui une réplique à l’entrée du camp. Il existe trois autres forteresses bâties sur le même modèle : Nonnebakken, Fyrkat et Aggersborg. Leur constructeur fut probablement Harald dent-bleue ou son fils, Svend barbe-fourchue (vers 900). D’après le professeur Poul Nÿrlund, la forteresse de Trelleborg aurait servi de campement d’hiver à l’armée viking peu avant l’invasion de l’Angleterre.
Haderslev, à 49 km de Flensburg. Le Musée de plein air du lutland méridional (Sÿnderjyllands Frilandsmuseum) est situé dans Aastrupvej. On y voit des fermes et des intérieurs paysans, et des cercueils de chêne découverts dans les tourbières.

Jelling, ancienne résidence des rois du Danemark. En face de l’église, bâtie vers 1100, se trouvent deux grands tumuli royaux. Des fouilles y ont été faites en 1861, puis en 1941-42. Dans la cour de l’église, la célèbre pierre runique de Jelling porte des inscriptions et une série de dessins. Elle fut érigée par Harald dent-bleue à la mémoire de ses parents Gorm et Thyra.

À Silkeborg, un musée a été installé dans le manoir (Hovedgard) de la ville. C’est là que l’on peut voir l’homme de Tollund, découvert en 1950 dans une tourbière des environs. Le corps, parfaitement conservé, est d’un type humain encore courant dans la région.

Aarhus. La section proto-historique du musée local, construit en 1851, permet de suivre tout le développement de la culture nordique depuis 4000 ans. On y trouve aussi le corps de l’homme de Grauballe (ler siècle de notre ère), qui provient, lui aussi, des tourbières du Jutland. Musée de plein air dans la vieille ville (Gamle By).

Fyrkat, à 3 km au sud-ouest de la vieille ville de Hobro. On y visite les restes d’une forteresse viking analogue à celle de Trelleborg. Le camp, auquel était adjoint un cimetière, était entouré d’un rempart de 8 m de large et de 4 m de haut. Le site a été fouillé de 1935 à 1958.

Au nord-ouest de Norresundby, entre Aalborg et Hjorring, se trouve le champ de fouilles de Lindholm Hÿje, où l’on a découvert en 1952 plus de 680 tombeaux vikings. C’est à cet endroit que se croisaient à l’époque les routes maritimes nord-sud et est-ouest. Plusieurs tombes sont entourées de cercles de pierres en forme de navires. On distingue aussi les fondations de la vieille ville.

L’île danoise de Bornholm, la « perle de la Baltique », patrie d’origine du peuple burgonde, est située dans la Baltique à quelque distance des côtes suédoises. Elle abrite des souvenirs historiques et protohistoriques nombreux. Les églises rondes, au type caractéristique, sont nombreuses. Une pierre runique se trouve dans le cimetière de Hasle. Musée paysan à Rÿnne.

Alain de Benoist, Éléments n°6, 1974