Éléments n°140 : Révoltes arabes sous influences

Éléments n°140 : Révoltes arabes sous influences

Toute la question, maintenant, est de savoir comment les mouvements actuels pourront résister aux récupérations de toutes sortes, voire aux contre-révolutions. « On osa jusqu’à la fin, parce qu’on avait osé d’abord », disait Saint-Just à propos de la Révolution de 1789. Mais les révolutionnaires français savaient au moins ce qu’ils voulaient. L’anonyme « printemps arabe », qui n’a pour l’instant fait émerger aucune idée neuve, aucune figure capable de remplir le vide du pouvoir, aucune classe intellectuelle capable de théoriser ses aspirations, osera-t-il « jusqu’à la fin » ? On peut en douter. Les révoltes permettront à de nouvelles générations d’accéder au pouvoir, pas forcément de changer de régime.
Le monde arabe moderne est né en 1916, quand les populations du Proche-Orient se sont soulevées contre les Turcs ottomans, maîtres de la région depuis le début du XVIe siècle. Depuis cette date, les « printemps arabes » se sont succédé, mais l’« indépendance » proclamée le 5 juin 1916 à La Mecque est toujours restée un rêve. On attend encore qu’il puisse se concrétiser.

Au sommaire :
« Derrière la jacquerie des peuples, les révolutions de palais », par Pascal Eysseric
« Entre business et hégire : métamorphoses de l’islam », entretien avec Patrick Haenni
« Turquie : la nouvelle révolution verte », par Tancrède Josseran

Et aussi…
« Les armées occidentales sont condamnées à mener des guerres sans fin », entretien avec le Général Vincent Desportes
« La quête du paladin », entretien avec Sylvain Tesson
« Chine, les habits neufs du capitalisme mondial », par Flora Montcorbier
« Nicolas Gogol, le démon du ridicule », par François Bousquet
« Promenade au pays des géants », entretien avec Bruno de Cessole
« D. H. Lawrence, le prophète du sang primitif », par Fabrice Valclérieux
« Le dictionnaire culte », par Francis Moury