Éléments n°98 : La métamorphose du capitalisme

Éléments n°98 : La métamorphose du capitalisme

Il n’y a pas d’alternative au capitalisme quand on entre dans son système de valeurs. Résister à la tendance expansive du marché, qui ne connaît par définition aucune limite, ne consiste pas à chercher à mettre au point un système aussi efficace qui serait en même temps « plus juste », mais à mobiliser tous les moyens permettant de res­treindre l’influence de la sphère marchande. Moyens extérieurs, avec la mise en place d’une économie plurielle dont la logique marchande ne serait qu’une composante, et le développement d’un tiers-secteur, ni marchand ni public, en prise avec les activités quotidiennes des citoyens. Moyens extérieurs encore, avec des mesures concrètes telles que la taxe Tobin, qui prévoit une imposition de 0,5 % sur la spé­culation des devises. Mais aussi moyens intérieurs, avec la démarchandisation des mentalités, des imaginaires et des comportements. Il s’agirait alors de relativiser en nous-mêmes, et jusque dans nos façons d’être, la part donnée aux valeurs économiques et mar­chandes. Dans son dernier livre, De l’inhumanité de la religion, Raoul Vaneigem écrit : « Le capitalisme atteint son stade parasitaire lorsque la valeur d’usage de la marchandise tend vers zéro et sa valeur d’échange vers l’infini ». On y est.

Au sommaire :
« Le troisième âge du capitalisme », par Alain de Benoist
« La grande transformation », par Karl Polanyi
« De la liquéfaction du monde », par Charles Champetier
« La mondialisation, c’est la guerre », par Patrick Nesles
« Douze auteurs pour repenser l’économie »
« Au-delà de l’État et du marché », entretien avec Arnaud Guyot-Jeannin
« Les SEL de la terre », par Frédéric Corbin

Et aussi…
« La guerre civile européenne », par Bertrand Laget
« Débat, Dominique Venner et Enst Nolte »
« Les jardins enchantés de Paul Collomb », par RmqS