Éléments n°135 : La justice qui fait peur

Éléments n°135 : La justice qui fait peur

La notion même de justice s’est construite sur l’idée que l’élimination de la vengeance passionnelle privée nécessite l’éviction relative des victimes et de leur entourage du processus de réponse à l’infraction. Elle est née de la volonté de soustraire le règlement des litiges à la seule confrontation des parties en le confiant à un tiers théoriquement impartial, l’institution judiciaire, seule investie du droit de punir au nom de l’ensemble de la société, et non de certains de ses membres. Or, c’est cette idée que conteste, depuis une trentaine d’années, la justice « réparatrice » ou « restauratrice », qui prétend combler les insuffisances de la justice pénale classique en se centrant sur le préjudice occasionné. Le goût de l’autodéfense ou de la vendetta et l’appel à la « repentance » se rejoignent bizarrement quand il s’agit de changer la nature du droit pénal. Aux uns comme aux autres, il reste à comprendre que la justice n’est pas la forme civilisée de la vengeance, mais son contraire absolu.

Au sommaire :
« La justice victime des idéologies », par Alain de Benoist
« Les Romains ne confondaient pas droit et loi », par Jean-Charles Personne
« La justice pénale en questions », par Alain de Benoist
« La justice a perdu sa crédibilité », entretien avec François Franchi

Et aussi…
« Marx, Stirner et la question prolétarienne », par Flora Montcorbier et Robin Turgis
« Psychopathologie du climatoscepticisme », par François Bousquet
« L’amour contre la marchandisation », par Pierre Le Vigan
« L’intelligence politique est en voie de disparition », entretien avec Jerónimo Molina Cano
« Michel Déon est un écrivain tragique », par Christopher Gérard
« Orwell avait prévu le pire », par Pierre Le Vigan