Éléments n°130 : L’empire du bien

Éléments n°130 : L’empire du bien

Le nouvel ordre moral, c’est ce que Philippe Muray appelait l’empire du bien. Ce bien n’est qu’un bien dérivé de la priorité du juste, un bien « objet du désir juste ». Ce bien a aujourd’hui dégénéré en un nouveau moralisme – une « moraline », aurait dit Nietzsche. Parallèlement, le mal est nié comme faisant intrinsèquement partie de la nature de l’homme, tout en étant reconnu, sous la forme extrême du « mal absolu », comme négation radicale du bien des droits de l’homme.
La droite a souvent une vision fondamentalement éthique de la politique, la gauche une vision morale. D’un côté Excalibur, de l’autre les Béatitudes. Deux univers de valeurs bien différents, mais aussi impolitiques (impropres à la compréhension de ce qu’est la politique) l’un que l’autre. Aujourd’hui, c’est la vision morale qui domine. Et c’est ainsi que cette société, que beaucoup jugent dépourvue de toute morale, peut en réalité se retrouver porteuse d’une morale d’un autre genre, d’un moralisme omniprésent que propagent ses dévots, ses missionnaires et ses ligues de vertu. On demande des libertins.

Au sommaire :
« La politique compassionnelle », par Alain de Benoist
« L’empire du Bien, ou le degré zéro de la vie sociale », par Alain de Benoist

Et aussi…
« La crise : ça ne fait que commencer ! », par Alain de Benoist
« Au banquet d’Éric Werner », par Michel Marmin
« Le réquisitoire antilibéral de Naomi Klein », par François Delussis
« La gloire de la musique baroque », par Michel Marmin
« Le paganisme et la Nouvelle Droite », par Georges Feltin-Tracol
« L’empire intérieur de Manœl de Oliveira », par Michel Marmin
« Quand les sectes déchaînent les fantasmes des chasseurs de sorcières », par Pierre Barrucand
« Qu’est-ce que le boson de Higgs », par Jean-François Gautier
« La littérature francophone du Maghreb », par François Bousquet
« Dominique Venner, fidèle de Diane », entretien avec Christopher Gérard
« Curzio Malaparte, penseur en action », par Fabrice Valclérieux
« Walter Benjamin, le promeneur existentiel », par Pierre Le Vigan
« François Villon, l’éternel poète des enfants perdus », par Olivier Mathieu