Éléments n°125 : Le sport, opium des masses ou réveil du peuple ?

Éléments n°125 : Le sport, opium des masses ou réveil du peuple ?

Le sport possède en fait un double visage, selon qu’il vise à désigner le meilleur compétiteur (le « champion ») ou à enregistrer la meilleure per­formance (le « record »). Or, ce sont là deux objectifs différents. Le cham­pion n’est pas celui qui a « plus en lui », mais celui qui fait qualitativement mieux que les autres. Le record est au contraire purement quantitatif. Le champion est un être vivant, le record une mesure abstraite. Chez les Grecs, on couronnait le champion, mais nul ne se préoccupait de savoir à quelle distance il avait lancé le javelot ou en combien de temps il avait couru. La victoire consistait à triompher de ses concurrents, êtres réels de chair et de sang, non à battre un record, c’est-à-dire à remplacer un chiffre par un autre. Sur le stade, on ne mesurait ni les distances ni les durées. Dans le sport moderne, on mesure tout. Le record, c’est la performance. Le champion, c’est l’excellence. L’excellence ne tend pas vers un plus, mais vers un mieux.

Au sommaire :
« De la compétition à la symbolisation : quel est le sens du sport ? », par Paul Masquelier
« Le sportif est aussi un tragédien… », par Paul Masquelier
« La maladie du sport : le passage de l’apologie païenne du corps à son exploitation », par Paul Masquelier

Et aussi…
« Entretien avec Michel Maffesoli sur Jean Baudrillard »
« Lettre ouverte à Maurice G. Dantec », par Christopher Gérard
« Dialogue entre Christopher Gérard et Frédéric Guchemand »
« Danger caméra subjective ! », par Ludovic Maubreuil
« Comencini plus actuel que jamais », par Michel Marmin
« Edouard Berth. Apôtre de la “troisième voie” », par Fabrice Valclérieux
« Deux livres-clés pour comprendre ce qui sépare l’Europe et les États-Unis », par Jacques Marlaud
« Entretien avec Karlheinz Weißmann sur la Nouvelle Droite allemande »
« Dionisio Ridruejo, de Franco à la démocratie », par Arnaud Imatz
« La plus forte raison de Martin Heidegger », par Michel d’Urance